Cet homme a la main verte et pour cause. Jean Henkens, architecte-paysagiste de Center Parcs Europe, connaît sur le bout des doigts près d'un million d'espèces végétales. De nos célèbres chênes aux plantes tropicales les plus méconnues, il est incollable. Depuis 21 ans, le Belge gère et enrichit le patrimoine végétal des seize domaines européens. En parallèle, il s'occupe aussi de la formation des équipes de jardiniers et d'horticulteurs qui l'aident au maintien des forêts et des espaces tropicaux.
Interview d'un homme passionné
«Pas un travail mais une façon de vivre»
Des Amériques à l'Asie, en passant par l'Afrique et l'Océanie, Jean Henkens parcourt le monde entier en quête de plantes aussi exotiques qu'extraordinaires, en s'assurant que toutes les importations de Center Parcs respectent la nature et les lois en vigueur.
«Nous ne touchons ni aux espèces protégées ni à celles qui se font de plus en plus rares. De plus, nous respectons toutes les lois régissant les importations de plantes exotiques, qu'il s'agisse de lois des pays d'origine, de l'Union Européenne ou de lois internationales».
Dans un souci de préservation du lieu, une étude d'impact et un bilan écologique avaient été réalisés en Sologne avant l'ouverture en 1993. Ce travail préalable a servi, d'une part à dresser l'état initial du site et de son environnement, d'autre part à évaluer les modifications liées au chantier et aux futurs équipements de loisirs afin de prendre les mesures compensatoires nécessaires. Dans le contexte d'une forêt initialement exploitée pour le commerce du bois, et dans l'attente de la croissance de la végétation implantée, des arbres, intéressants par leur âge et leur hauteur, ont ainsi été conservés.
Après l'extraction d'un arbre ou d'une plante, le botaniste enfile ses gants de docteur. La main ferme, il injecte un breuvage magique qu'il réalise lui-même. La préparation plongera le végétal dans un apparent coma. Les pores de chaque feuille emprisonnent l'eau à l'intérieur de la plante. Elle entre alors en hibernation, le temps d'une croisière en bateau, direction l'Europe. Certaines plantes peuvent survivre dans cet état jusqu'à huit semaines.
Lorsque finalement, la plante atteint nos rivages, elle est placée sous une serre chaude géante où elle se remet tout doucement de son long sommeil avant de rejoindre un de nos domaines. Choyée et entretenue comme il se doit car ici, «quand on importe une plante, on s'engage à la garder».